Revenir…

Bonne année 2013 !

Je sais. I know. J’ai abandonné ce blog comme une vieille chaussette. J’en avais même oublié mon mot de passe.

Mais j’ai aussi abandonné beaucoup de choses ces derniers mois. Et puis c’est un blog de maman, et j’ai été une très mauvaise maman. Enfin mauvaise… disons que j’ai été absente.

En revanche, j’ai été une très bonne étudiante. Et ça m’a fait un bien fou. J’ai renoué avec moi-même, je suis remontée dans ma propre estime. Et j’ai tellement appris.

Puis il y a eu les vacances, bienvenues après 4 mois en apnée. Pendant 3 semaines, je n’ai pas ouvert un livre qui ne soit un roman, pas un journal économique. Ces 3 semaines ont été dédiées à la famille que j’avais un peu délaissée.

3 semaines en quasi fusion avec Marcel et Lili. Ayant bravement supporté mon absence ou mon manque de disponibilité pendant 4 mois, ils ne m’ont pas lâchée pendant ces 3 semaines.

Et c’est bien comme ça. Monsieur avait besoin de respirer à son tour, et moi j’avais besoin d’eux.

Je m’apprête à retrouver le rythme fou qui a été le mien depuis août et donc, probablement, lâcher le blog de nouveau.

Mais je vais bien, Marcel et Lili vont bien. Je suis fière du soutien de ma famille.

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Balafrée (un peu plus)

Vous vous souvenez que je me plaignais des cicatrices laissées par Marcel sur les joues de sa soeur ?

Vous vous souvenez aussi de mon passage aux urgences avec Lili ?

Aujourd’hui, Lili et moi sommes retournées aux urgences, et les cicatrices de griffures ne sont rien à côté des nouvelles balafres qui ornent désormais le visage de ma fille.

Lili venait de partir à l’école ce matin avec la jeune fille au pair. 5 minutes après, j’entends des hurlements et des coups sur la porte. J’ouvre pour découvrir ma fille, couverte de sang de la tête aux pieds. Elle est consciente, sur ses pieds, mais très effrayée.

Elle faisait de la trottinette sur le chemin qu’elle connaît par coeur. Elle a tourné la tête et a heurté de plein fouet un boîtier électrique dont les angles pointus sont juste à hauteur d’enfant.

On voit tout de suite qu’il n’y a rien de grave. Mais l’image est tellement choquante que je réagis de façon automatique, froidement : j’appelle un taxi pour aller à l’hôpital, puis l’école.

En attendant, on nettoie un peu son visage, ce qui permet de constater l’étendue des dégâts : une belle entaille au niveau de l’arcade sourcillière, et une longue éraflure le long du nez et sous l’oeil. Superficiel, mais impressionnant. Le col de son polo blanc est complètement imbibé de sang, comme ses cheveux.

Le chauffeur de taxi essaie de la distraire tout en déjouant les embouteillages. Ce n’est vraiment pas la bonne heure pour être malade ou blessé ! Lili ne dit rien, elle est prostrée.

Je tente aussi une blague à base de pirate, je lui dis qu’elle va faire fureur à l’école. Mauvaise pioche, Lili est une princesse et n’a aucune envie d’être un pirate.

Dans la salle d’attente, Lili patiente avec mon iPad. Une petite dose de paracétamol restaure vite sa bonne humeur.

C’est là que je réalise que c’est passé tout près de son oeil et que mes larmes commencent à monter, à imaginer ce qui aurait pu se passer.

Le médecin a réussi à recoller les bords de la plaie, évitant les points de suture. La blessure n’est pas bien nette et laissera certainement une marque. Une de plus.

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Je me souviens encore parfaitement de ma douleur physique à voir couler la toute première goutte de sang du corps tout neuf de mon bébé, à la maternité, pour le test de Guthrie. Je me doutais que je n’étais pas au bout de mes peines, que je ne serais plus jamais tranquille.

J’ai fait du chemin, mais c’est toujours aussi douloureux de voir son enfant abîmé.

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Pas si facile

Être parent, c’est devoir faire des choix. Tout le temps.

Et c’est difficile. Je n’ai jamais bien su faire des choix. Mais j’apprends, pas le choix !

Dès le début, il faut choisir. Choisir d’allaiter ou pas, choisir de le faire à la demande ou à heure fixe, choisir la tétine, choisir la nounou ou la crèche, choisir la poussette, et tout l’équipement de puériculture (et ça, du choix, on en a).

Puis choisir les premiers repas. La banane, j’en donne à 6 mois ou je considère que c’est un fruit exotique ? Et la fraise, c’est allergisant ou pas ?

Mais ce n’est que le début. Les choix faciles.

Choisir de changer de pays, c’est plus difficile. On hésitait à cause des enfants. Et puis on a choisi, pour les enfants, pour qu’ils apprennent l’anglais.

Très vite viennent les choix d’éducation. Religion ou pas ? Baptême ? Et après, la messe ?

J’ai appris à mes enfants que nous sommes chrétiens, et nous allons à la messe. Un peu pour essayer de décrocher une place à l’école anglicane, un peu parce que nous sommes chrétiens. Un an plus tard, nous n’avons toujours pas eu de place à l’école anglicane. Mais je suis enchantée par l’école publique.

Et maintenant, si l’école anglicane nous offrait une place pour Lili, que choisir ?

Il faut aussi choisir les activités extra-scolaires. Lili fait de la danse et du tennis. Elle veut arrêter le tennis. Faut-il l’encourager à continuer ? Ou abandonner, déjà ? Et Marcel, est-ce que le foot est un bon choix pour lui ?

Je ne parle pas des choix pour moi. Sans Monsieur pour me pousser, je serais toujours à hésiter, perdre mon temps, travailler sans passion tout en rêvant à autre chose, voire à arrêter. On est tellement nombreuses à devoir faire ce genre de choix.

Et puis choisir, c’est renoncer. La semaine dernière, j’étais invitée par ma députée (ici) à visiter le parlement à Westminster. Une occasion unique, immanquable. Sauf quand ma fille fait son spectacle de fin d’année en même temps. J’ai choisi ma fille.

Et le choix le plus pénible, celui qu’on recule mais qui finira par s’imposer à nous, celui qui concerne Lili et sa santé. Sa santé actuelle est parfaite. Mais faut-il la soigner pour préserver sa santé future ? Nous avons changé de pays. Son dossier médical ne l’a pas suivie. Je n’ai pas fait la démarche d’aller voir un médecin. Mais il faudra le faire, je suppose… Question de choix.

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Maman, j’ai entendu un bruit

Il y a des inconvénients à vivre dans une maison.

Ayant passé l’essentiel de ma vie dans un appartement, je suis très heureuse de vivre dans une maison avec son petit bout de jardin, surtout quand on se dit que le coeur de Londres n’est qu’à quelques dizaines de minutes (oui, quand même, Londres c’est grand).

Mais il y a quelques inconvénients. Comme celui de partager son espace avec toutes sortes de créatures, et de devoir le défendre en permanence.

Il y a eu des mites, qui sont venues se coller par dizaines sur les pièges à phéromones. Pour l’instant, plus rien.

Il y a eu les mouches. Cet hiver, de grosses mouches nous ont envahis, nées je suppose quelque part dans la maison. Il a fallu plusieurs semaines pour en venir à bout.

Il y a des moustiques. Mais ça, il y en a partout, et ceux d’ici m’ont l’air un peu nuls : j’arrive à les attraper alors que je n’y étais jamais arrivée avant.

Il y a des araignées. Je peste contre les toiles dans les coins mais je ne les écrase plus, parce qu’elles sont petites, discrètes, pas embêtantes. Et surtout, elles mangent les moustiques et les mouches et pour ça, ce sont mes copines.

Il y a des abeilles et des bourdons, en ce printemps qui joue au yo-yo. Ils font un peu peur aux enfants mais je leur apprends à les respecter, parce qu’on en a besoin. A condition qu’ils ne viennent pas nous embêter dans la maison, faut pas pousser.

Il y a des renards. Oui, des renards, comme on en voit partout dans ce pays. Ils ne sont pas très gros, à peine plus que des chats ou des petits chiens. Ils passent dans les jardins, font les poubelles. Et ils visitent parfois les maisons.

Et puis il y a les rongeurs… Nettement moins sympathiques quand ils viennent souiller la cave et ronger les fils électriques. Vraiment énervants quand ils déjouent les pièges à ultrasons. Et carrément effrayants quand on en entend un se balader dans les placards.

En fait, depuis ce jour, Lili fait des cauchemars. Ou du moins elle refuse de dormir seule parce qu’elle entend des bruits dans sa chambre. Il lui faut ses parents, ou à défaut son frère.

J’ai beau lui expliquer que c’est une toute petite bestiole ridicule, elle m’a entendu crier de surprise et de frayeur, je ne suis pas très crédible.

En ce moment, mon héros, celui que j’attends avec impatience, c’est le monsieur du Pest control.

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Jubilation

J’adore ce pays. J’adore ce patriotisme qui frise le ridicule sans trop l’atteindre, parce que contrairement à leurs cousins d’Amérique, les Anglais ont pour eux le sens de l’humour et de l’auto-dérision.

J’adore cette déférence au drapeau de l’Union (et je me demande ce qu’il deviendra une fois que l’Ecosse aura pris son indépendance) et cet amour pour la Reine et la famille Royale.

Et c’est vrai qu’elle n’a pas démérité, cette Reine.

Devenue Reine à 26 ans, jeune maman, parce que son père était mort.

Les Anglais lui savent gré de la stabilité qu’elle apporte au pays, et de son incroyable popularité. Comme le disait un journaliste : c’est la meilleure des Press Relationships persons ; elle ne coûte pas bien cher et elle rapporte énormément.

Et cela dure depuis 60 ans. Et mine de rien, une longévité pareille, ça ne se croise pas tous les jours.

Alors je suis fière et heureuse de me joindre à cet événement historique. Parce qu’à mon avis, c’est cela le vrai événement de 2012, pas les jeux olympiques.

Imaginez : dimanche, un millier de bateaux défileront sur la Tamise. Du jamais vu en 4 ou 5 siècles.

A l’école, ces 15 derniers jours, il n’a été question que de cela.

Lili a écrit des lettres ("I love you Queen Elizabeth"), fait des couronnes, dessiné la Reine et fait des Union flags de plus en plus parfaits pour orner l’école.

Aujourd’hui, veille du half-term, et du fameux week-end de 4 jours, était le point culminant. Pas d’uniforme, les enfants venaient habillés aux couleurs du Royaume Uni, et un repas de fête était prévu.

Ce matin j’ai aussi habillé Marcel dans la thématique.

Et je n’étais pas la seule. En fait, tout le staff de l’école, la plupart des petits frères et soeurs, des parents, et des gens du quartier étaient aux couleurs du Jubilé.

Les rues, les voitures, les maisons arborent de petits drapeaux ou des symboles royaux.

Dans les magasins les gâteaux sont décorés en bleu rouge et blanc.

Et moi, j’ai craqué : j’ai accroché des guirlandes de drapeaux dans le jardin et mis des corgis et des figures en papier sur mon gâteau pour demain.

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