J’avoue, j’ai toujours été tentée par la chose religieuse.
Jusqu’à mes 13 ans, j’étais dans un établissement privé et j’ai reçu un enseignement catholique. Il n’était pas du tout relayé à la maison, mais peu importe : j’avais des messes toutes les 2 semaines à l’école, j’ai reçu le baptême, fait ma première communion puis ma profession de foi avec mon école. Après, bien sûr, comme beaucoup j’ai laissé tomber. Je ne savais pas trop à quoi je croyais et de toutes façons ce n’était pas à la mode.
Mais quand les premiers copains se sont mariés à l’église, je me suis dit que je m’y verrais bien aussi. D’ailleurs, Monsieur était plus réticent à l’idée du mariage qu’à l’idée de le faire à l’église. Quant au baptême de nos enfants, il était plus catégorique que moi : il fallait qu’ils soient baptisés. L’idée était que nous sommes tous les deux issus de la tradition catholique, et qu’on devait transmettre ça, sinon le reste, à nos enfants.
Il y a quelques mois, quand l’idée de déménager à Londres s’est concrétisée, et que nous avons cherché une école pour Lili, nous avons pris contact avec l’école anglicane (gratuite, entièrement financée par la Church of England) et la state school, qui étaient les plus proches de notre future maison. Quels inconscients, candidater en juin et pour seulement 2 écoles…
Je ne sais pas encore par quel miracle cela s’est fait, mais nous avons réussi à avoir une place dans l’école publique, qui s’avère très bien.
Cependant, l’école anglicane est meilleure, en plus d’être légèrement plus proche. Dans la hiérarchie des écoles non privées, il y a :
- les écoles catholiques romaines
- les écoles anglicanes, et
- les écoles publiques.
L’école anglicane est très demandée et, parmi les critères d’admission, une présence régulière à la messe anglicane est requise.
Voilà pourquoi, depuis septembre, j’emmène mes enfants presque toutes les semaines à l’église.

Cathédrale de Canterbury (source : www.great-britain.co.uk)
Pour tout dire, j’aime bien. L’Église anglicane (Christian church of England) est inclusive, ouverte, et se dit très proche de l’Église catholique (qui, elle, rejette les Anglicans – pour faire simple). Nous y sommes les bienvenus.
La messe du dimanche est magnifique, riche de chants et de musique. Elle se termine toujours par un moment de convivialité (thé, café, et biscuits dans l’église même). Les enfants y sont bien accueillis : les plus grands peuvent faire des activités sur le thème du jour dans une chapelle attenante, et pour les plus petits qui ont besoin de bouger, une salle avec des jouets et des livres permet de les divertir.
Dès la première messe j’ai fait la connaissance de familles du quartier. Quant au prêtre, très sympa, il m’a déjà envoyé un email.
Marcel et Lili ne protestent plus. Ils prévoient un livre, un jouet, et se tiennent tranquilles, en attendant de pouvoir aller prendre un gâteau.
Bien sûr, je me pose quelques questions. J’ai fait un choix opportuniste : l’église anglicane, qui est proche, pour l’école, plutôt qu’une église catholique pour laquelle il faudrait prendre la voiture… Si on reste quelques années ici, si, par l’école (en admettant qu’on finisse par avoir une place), ils suivent une éducation anglicane et non catholique, cela pourrait leur poser des problèmes de réintégration plus tard. Les sacrements qu’ils recevront ici ne seront pas reconnus par l’Église catholique.
Pour ma part, je suis ravie d’avoir retrouvé le chemin d’une église, fût-elle anglicane. Cela me permet d’expliquer plus concrètement à ma fille qu’il y a différentes religions avec différents rites, et qu’elles sont toutes respectables. Ses copines voilées de l’école sont musulmanes, tandis qu’elle est chrétienne, comme les copains de l’église.
J’ai l’impression d’avoir relié les points avec ma propre enfance.